Bordeaux-Pessac : après la tempête... Par Claude Granveaud, textes et photos. (paru dans la rubrique "Parcours du mois" de Golf Magazine n°227-Décembre 2008)
Autour de Bordeaux, l’offre golfique est dense et variée. À Pessac, aux confins du vignoble et des landes médocaines, le golf s’apprête à fêter ses vingt ans. Un anniversaire symbolique quelques années après la tempête qui dévasta l’Aquitaine durant l’hiver 1999. Le parcours a cicatrisé ses plaies, tout en conservant son aspect technique et ludique. Lire la suite du reportage.
Les attaques de greens très pentus où il est essentiel
d’être du bon côté. Il faut connaître le parcours pour
espérer le jouer correctement.
Pièces d’eau et hors-limites rendent quelques mises en jeu étroites à l’œil mais les fairways sont tout de même larges.
Le tracé est plat avec juste quelques tertres au départ.
Entre 3 et 6 si vous ne connaissez pas le dessin…
Le 2, un par 4 en dogleg droite où l’on est tenté de couper par la droite, au départ en aveugle. Le 12, un long par 5 avec la pinède hors limites à droite.
Le 4, un par 4 assez court où l’on a souvent un petit fer au 2e coup pour le green.
Le 10 si l’on reste bien à gauche à la mise en jeu.
Très pentus, ils roulent bien mais demandent tout de même un peu d’habitude.
Aérations : fin mars et fin août.
Licence FFGolf obligatoire et index 30 exigé en été.
- La variété et l’intérêt du parcours. - L’étalonnage du practice sur eau.
- La diversité entre le 18 trous, le 9 trous et le compact.
- L’ambiance chaleureuse au club ainsi que sa table.
- Les partenariats avec de beaux (et bons !) châteaux
de Pessac-Léognan.
- Le bruit des avions au-dessus de Mérignac.
- Les vestiaires un peu fatigués (refaits cet hiver avec le club-house).
La restauration golf
Le Master, menu à partir de 19 €, plat du jour, service jusqu’à 15 h sem. et 17 h WE.
La bonne table
Le Chiopot
281, rue des Quatre- Castéra
33130 Bègles
Tél. : 05 56 85 62 41 http://chiopot.free.fr/
Une vieille table dont la réputation dépasse les confins de l’Aquitaine. Spécialités régionales de la mer comme de la terre avec des grillades et une carte des vins régionale à des prix raisonnables.
L’hébergement
Hôtel Quality Suites
83, av. J. F. Kennedy
33700 Mérignac
Tél. : 05 57 53 21 22 www.qualitybordeaux.com
À 10 min du golf et proche de l’aéroport, cet hôtel**** (250 chambres) dispose de tous les services modernes.
Forfait spécial Pessac : 100 € chambre avec petit déj.
Autour de Bordeaux, l’offre golfique est dense et variée. À Pessac, aux confins du vignoble et des landes médocaines, le golf s’apprête à fêter ses vingt ans. Un anniversaire symbolique quelques années après la tempête qui dévasta l’Aquitaine durant l’hiver 1999. Le parcours a cicatrisé ses plaies, tout en conservant son aspect technique et ludique. En inaugurant son parcours à l’automne 1989, l’architecte Olivier Brizon était fier d’avoir dessiné 18 trous dans la pinède médocaine, à portée de drive de vignobles aux noms prestigieux comme le château Haut-Brion. Si près de Bordeaux et à la fois si loin au vu de ce décor de campagne, le golf de Pessac a vite su profiter de cet atout. Mais rapidement, la contestation s’est installée au club-house : le tracé était trop dur... En effet, il affichait alors, même si le slope n’était pas encore d’actualité dans le logiciel fédéral, une difficulté maximale. Près de la moitié des trous tutoyaient les piquets rouges ou jaunes, sans parler des hors-limites bordant la pinède pour ne pas ralentir le jeu comme sur le 12, un par 5 de près de 500 mètres qui affiche depuis toujours le handicap 1. Avec l’arrivée quelques années plus tard dans le giron de la chaîne Blue Green, au gré du rachat de Golf Espace, il était temps d’arrondir les angles et de tailler des allées un peu plus larges et franches. Bordelais d’adoption, Jean-Louis Guépy, alors à l’apogée de sa carrière sur le circuit européen, allait être d’excellent conseil lors des travaux. De nombreuses buttes allaient donner un peu plus de relief au tracé et de visibilité aux joueurs sur des mises en jeu parfois compliquées. Tandis que la fédération instaurait le slope, Pessac affichait tout de suite un record de 150, s’octroyant par la même occasion le titre de parcours le plus difficile de l’Hexagone. Et puis, durant l’hiver 1999, au soir du 29 décembre, le vent et la tempête ont sévi en Aquitaine. Trois jours après avoir dévasté la Normandie, la région parisienne et la Champagne, un deuxième « coup de vent » a mis la Gironde à genoux. Tels des dominos, les pins sont tombés, le premier entraînant le suivant… Au moment de constater les dégâts, 4 500 arbres étaient à terre, donnant au parcours une allure de champ de bataille. Même si le cataclysme était national, localement on pouvait craindre pour la renaissance de ce golf comme d’autres. Un travail de titan...
Le désastre allait permettre de revoir une nouvelle fois la copie. Face à l’ampleur des dégâts, rapidement les jardiniers soutenus par leurs collègues d’autres golfs girondins ont replanté deux mille arbres tandis que le slope était revu à la baisse avec 143 des blancs. Aujourd’hui, même si personne n’a oublié cette vision d’apocalypse, le parcours est agréable, conservant encore quelques trous compliqués comme le 2 ou le 7. Ou encore le 12 et le 17, mais la taille des greens rassure à l’approche, laissant pourtant souvent de longs putts. Le triple plateau du 14 en est un bel exemple même si Alain Egloff, le directeur du golf, et Ramuntxo Artola, le pro, admettent de concert que le drapeau est rarement planté tout en haut. Pour Alain, deux choses sont aujourd’hui prioritaires, avec toujours le même objectif, celui d’améliorer la qualité et le plaisir du jeu : nettoyer et drainer les bunkers et rafraîchir le club-house. Les changements survenus dans le groupe Blue Green depuis l’arrivée d’Éric Wilborts et de capitaux hollandais ne sont pas étrangers à cette volonté de renouveau. « À partir d’octobre, nous allons nettoyer les bunkers, trou après trou, pour ne pas trop perturber les joueurs. Nous avons besoin de les drainer et de changer le sable qui commence à compacter dès qu’il pleut. Quant au club-house, tout a vingt ans, la déco est dépassée, tout comme le mobilier. On va garder la structure tout en faisant le ménage. Les vestiaires ne sont plus à la hauteur du parcours – un chantier qui devrait prendre fin au début du printemps. » On a hâte de voir… Si l’on ajoute à ces projets le practice sur l’eau, une spécialité de Pessac avec ses ballons de couleur servant de repères de distance, le 9 trous et le parcours compact avec ses 9 pars 3, l’offre de Pessac est bien plus qu’honorable. Comme aime à le répéter Ramuntxo Artola, qui a déjà vu passer une génération de joueurs depuis qu’il a raccroché du circuit il y a une quinzaine d’années pour enseigner : « Il y en a pour tous les goûts, tous les âges et tous les niveaux. Dans une famille membre à Pessac, personne ne s’ennuie…» Compte tenu de l’offre bordelaise, ces atouts s’avérent essentiels pour faire vivre un parcours qui, à l’image des vins de garde, s’améliore avec les années.