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Ouvert en 1990, le golf du Champ de Bataille a atteint sa majorité. Mais cela fait déjà quelques années que sa patine et son cadre le font jouer dans la cour des grands. Il s’affirme comme l’un des plus beaux parcours de Normandie, mais aussi parmi les plus techniques de l’Hexagone. Et ce ne sont pas nos testeurs qui le démentiront.
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Le green du par 4 du 3.
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Champ de Bataille, drôle de nom pour un parcours ? Il est pourtant d’une logique implacable, lié à un événement fondateur de la Normandie : une lutte qui opposa ici même en 935 la famille de Guillaume Longue Épée à celle de Robert Le Danois pour la suprématie sur la région. Mais ce n’est qu’au XVIIe siècle que fut construit le magnifique château avec ses somptueux jardins à la française attribués à Lenôtre et réinventés par Jacques Garcia, leur actuel propriétaire et célèbre décorateur. Au-delà des 45 hectares de fontaines, de bassins, de haies, bosquets et portiques qui attirent chaque année plusieurs milliers de visiteurs, s’étend le domaine qui depuis 1990 accueille un parcours dessiné par l’Américain Robin Nelson. Voilà pour la grande Histoire. Pour la petite, la « bataille » reste toujours d’actualité, avec un parcours dont la technicité – un slope de 139 des blancs – demande une lutte de tous les instants.
Le « champ » en revanche n’est pas le terme approprié. Le tracé fait en effet l’objet d’un entretien remarquable en tous points, sans rapport avec celui apporté à une surface agricole. Et le cadre tient plus de la moyenne montagne dans son relief et sa végétation que d’un paysage rural de la Beauce. Même si les performances de nos trois testeurs sur le parcours ont parfois pris un air de plaine de Waterloo…
Dépaysement garanti
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Le départ du par 3 du 12.
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Pourtant, tout semblait s’engager sous les meilleurs auspices avec une météo parfaite et deux de nos joueurs, Christophe et Jean-Louis, plus sereins car déjà avertis des difficultés à venir pour en avoir déjà arpenté les fairways. Moins rassuré et pourtant mieux armé au regard de son index, Baptiste entame la partie avec prudence et un bogey au 1, un par 4 de 350 mètres au milieu des arbres. Puis le parcours, via le par 3 du 2, dégringole dans un vallon étroit aux flancs assombris par les sapins et les cèdres.
« C’est plus la Normandie, c’est le Jura ! », commente Christophe au départ du 3, un court par 4 en légère montée et ponctué d’un obstacle d’eau qui borde la droite du trou, de la retombée de drive au green. Une configuration qui n’empêche pas Baptiste de signer le premier par de la partie. Si le paysage se plisse et les arbres grignotent peu à peu le terrain en dégringolant des collines environnantes, les fairways restent relativement plats. Le 4 et ses 500 mètres est le premier par 5 du tracé, handicap 1. Visuellement assez large, il est mangé à gauche par deux obstacles d’eau successifs qui obligent à poser la mise en jeu à droite, en bordure de forêt. Et là, catastrophe ! Christophe, qui a déjà eu du mal à mettre son swing en route embarque un premier drive dans les arbres avant de récidiver avec sa provisoire. Une croix. Baptiste n’a pas plus de réussite, et Jean-Louis s’offre le meilleur score sur le trou avec un 9 !
Des greens déroutants
Sur la fin de l’aller, nos joueurs essaient de se ressaisir. Si Baptiste enchaîne les bogeys, ce qui en soi n’est pas une performance vu son niveau habituel, Christophe entrevoit l’embellie avant de retomber dans ses travers : un drive défectueux et un putting imprécis. Il faut dire que les greens torturés ne lui facilitent pas la tâche : « On a du mal à évaluer les pentes, et la ligne est très difficile à lire. Et comme ils roulent beaucoup, les putts de retour ne sont jamais donnés ! » De son côté, silencieux, Jean-Louis subit une véritable traversée du désert. « C’est dur techniquement », lâche t-il laconique au 10 alors qu’il vient, pour la troisième fois, de marquer deux chiffres sur sa carte de score. Ce par 5 vallonné de 470 mètres marque pourtant le retour de Christophe aux affaires avec son premier par de la partie. Il est imité par Baptiste qui a jusque-là limité la casse et espère passer à la vitesse supérieure sur le retour.
Effet d’optique
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Le par 4 du 13.
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Toutefois, si les fairways semblent un peu plus larges, les grands arbres qui ferment les perspectives offrent de troublants effets d’optique, notamment sur les attaques de green où ils brouillent l’évaluation des distances. « On se trompe souvent de club parce qu’on voit le drapeau plus près qu’il ne l’est réellement. On est toujours trop court, jamais trop long », explique Baptiste. Sur le joli par 3 du 12, encadré de grands pins, Jean-Louis toppe et fait connaissance avec le tapis de bruyère. Christophe, décidément plus en verve ramène un nouveau par. Mais sur le 13, un petit par 4 de 350 mètres, véritable jardinet orné de bouleaux, il est victime de son enthousiasme tout neuf. Sa mise en jeu trop longue le déporte à droite dans le rough sous les arbres, et lui bride toute possibilité d’attaque. Au 14, tout le monde crie au scandale. Il est vrai que sur ce par 4 de 350 mètres, une rangée de cèdres en plein milieu de la piste ferme l’attaque du green, même après un drive parfaitement placé. Nos trois testeurs en ressortent néanmoins avec chacun un bogey. Idem sur le 15, un par 4 de 375 mètres qui se termine en toboggan une fois passé le grand dogleg droite.
Envolée de birdies
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Le green du par 3 du 17.
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Au 16, on assiste enfin à du grand golf. Ce par 5 en longue allée de 460 mètres dans les bois permet à Baptiste et Christophe de briller : duo de birdies avec une mention spéciale pour le dernier cité grâce à un drive mesuré à 300 mètres, un fer 5 court et une approche-putt. Un peu tard toutefois pour sa carte de scores, que même le scénique par 3 du 17 et le par 4 du 18 ne réussiront pas à réellement sauver. Jean-Louis est lui aussi passé au travers mais se veut réaliste : « Le parcours est déjà compliqué pour mon niveau de jeu, mais quand en plus on est dans un jour où rien ne va ! » Baptiste qui ressort du parcours avec le résultat le plus honorable est plutôt satisfait : « C’est beau, très calme et bien entretenu. Et mis à part les arbres au 14, le tracé est très intéressant à jouer. Inutile de prendre des risques et de sortir le driver à chaque trou, d’autant que le parcours n’est pas trop long. Le vrai danger, ce sont les arbres qui oppressent et rendent les fairways étroits. La prochaine fois, je jouerai placé. » Christophe est déjà sûr de revenir : « Le parcours est magnifique et représente un vrai défi technique et les greens sont déconcertants. Il demande d’être au top pour pouvoir espérer quelque chose. La moindre erreur est immédiatement sanctionnée ». Et la bataille est perdue… sur le champ !
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