Saint-Thomas :
11 Brennus et 18 trous Par Claude Granveaud, textes et photos. (paru dans la rubrique "Parcours du mois" de Golf Magazine n°218-Mars 2008)
Plus de 300 jours de soleil à l’année, un tracé varié et amusant souvent venté– mêlant eau et vallonnements – et une chaleureuse ambiance au club font du golf de Béziers Saint-Thomas un parcours incontournable en Languedoc. Au pays du rugby roi, sa réputation ne demande qu’à dépasser les Pyrénées comme les Cévennes, toujours en vue. Lire la suite du reportage.
Les mises en jeu, surtout si la tramontane s’invite dans le jeu. Les approches vers des greens surélevés ont aussi leur importance.
Elle est variée et peut venir de la longueur comme au 8, au 11 ou au 17. Des doglegs comme au 2, au 5 ou au 10. Ou encore de l’eau en jeu aux 15 et 16.
Assez plat malgré quelques vallonnements lui donnant un modelé agréable.
D’une à quatre selon la force du vent, voire beaucoup plus les jours de tempête…
Le 7 et le 17, deux pars 4 longs et délicats ; le 9 et le 18, deux pars 5 revenant vers le club avec dogleg droite et green en hauteur à chaque fois.
Le 2, le 5, le 10, le 12 : avec une bonne mise en jeu, le second coup est court.
Lors de notre passage en janvier, ils étaient réguliers et déjà rapides. Deux carottages par an : début mars et la semaine du 15 août (les joueurs sont à la feria !).
- Le tracé amusant, sachant se défendre.
- La variété des coups.
- La garrigue aux alentours et la vue sur les Cévennes
et le Canigou.
- L’ambiance chaleureuse au club-house.
- La maison d’hôtes à 50 mètres du club.
- Le practice un peu loin du départ.
- Les chemins de liaison un peu cabossés.
- L’absence d’hôtel sur le site.
Pour s’y rendre Depuis l’A9, prendre sortie Béziers-est puis direction centre-ville. Au 1er rond-point, prendre à droite entre Decathlon et Conforama, suivre la route de Bessan sur 7 km puis à gauche, le golf est indiqué.
L’ouverture
Ouvert toute l’année.
Le practice
12 postes sur tapis, dont 4 couverts avec un green d’approches et un bunker d’entraînement. Deux seaux de 34 balles : 5 €. Carte de 11 seaux : 20 €.
L’équipement
- Chariot manuel : 5€.
- Voiturette : 32 €/18T, 22 €/9T.
- Série de clubs : 18 €.
La restauration golf
Tél. : 04 67 39 90 94.
Plat du jour : 12 €. Entrée, plat, dessert : 18,50 €.
L’hébergement La bastide de Bel-Air
Tél. : 04 67 32 15 65.
Site : www.labastide-belair.fr - Email : info@bastide-belair.fr
A 50 mètres du club-house, cette maison dispose de 7 chambres double louables à la journée ou à la semaine, à l’unité ou groupées. Chambre de 80 à 100 € la nuit, la bastide de 1500 à 3000 € la semaine selon la saison.
Plus de 300 jours de soleil à l’année, un tracé varié et amusant souvent venté– mêlant eau et vallonnements – et une chaleureuse ambiance au club font du golf de Béziers Saint-Thomas un parcours incontournable en Languedoc. Au pays du rugby roi, sa réputation ne demande qu’à dépasser les Pyrénées comme les Cévennes, toujours en vue.
Le félibre disait : « Pour dessiner Béziers, il faut du bleu, du jaune soleil, un peu de vent et d’accent ». Il aurait pu ajouter une touche de vert au cœur de la garrigue et des vignes en pensant au golf. Ici, le vignoble – le plus grand du monde en superficie – remonte à l’époque romaine. Il est l’identité biterroise par essence et se retrouve au départ de chaque trou du parcours, partenaire d’un domaine, d’un château àl’accent rocailleux, au nom gouleyant. Et pourtant, la naissance du golf n’est pas liée à la vigne mais à un feu de forêt ! Il y a plus de vingt ans, un gigantesque incendie détruisit le lieu-dit « le Grand Bois » sur la route de Bessan, entre Béziers et Pézenas. Seul un bâtiment central fut épargné. Face à cette désolation, Claire et Bruno de Latude, propriétaires des lieux, eurent l’idée de construire un golf sur ces terres brûlées. Avec des moyens limités mais une énergie débordante, ils réalisent 9 trous rustiques : là où le premier parcours à la ronde était lointain dans une région où la balle de prédilection passe de main en main et rebondit au hasard de sa forme ovale… Quelques Biterrois, à commencer par les rugbymen de l’ASB, le club de la ville encore auréolé de ses Brennus des années soixante-dix (onze fois champion de France entre 1961 et 1984), se mettent au golf. Même si l’ambiance est conviviale après la partie, ce n’est toutefois pas suffisant pour faire vivre le club… Le second souffle allait venir d’un coup de cœur. Celui de Pierre-Louis Ducru, un promoteur immobilier séduit par ce site à la fin des années quatre-vingts. En 1992, après que Patrice Lambert, un architecte d’urbanisme qui signait là son baptême du golf, eut dessiné un nouveau tracé, parcours et club-house sont inaugurés. Quinze ans plus tard, on pense à un second parcours, à un hôtel sur le site, la charmante maison d’hôtes « la Bastide de Bel-Air » ne suffisant pas à héberger les visiteurs de plus en plus nombreux avec une belle saison s’étendant sur près de dix mois !
Un nouveau
parcours en vue
La place ne manque pas. La garrigue s’étendant à perte de vue tant vers les monts des Cévennes que vers le Canigou catalan – sommet enneigé en hiver à l’horizon du parcours , il ne reste qu’à trouver le financement du projet qui pourrait donner un coup de fouet au développement du golf en Languedoc. « Pourquoi aller jouer en Espagne, là où on a tout chez nous ! », comme aime à le rappeler Michel Planès, président de l'association sportive du club. Il faut dire qu'il est attaché à sa terre. Il n’est pas le seul. Richard Astre, figure légendaire de l’ASB et ancien demi de mêlée du XV de France aujourd’hui directeur de l’office du tourisme et du palais des congrès de Béziers – est un bel ambassadeur du golf à travers l’Europe et le monde britannique du rugby. L’œil toujours vif, il manie la petite balle avec autant d’aisance que la « gonfle » il y a quelques années. La soixantaine en vue, il affiche un index autour de 5 et une réputation de combattant jusqu’au dernier putt. « J’ai une culture du haut niveau en moi. Je ne pense pas être pas un mauvais perdant mais je n’aime pas perdre non plus… Mais, surtout, je suis un homme entier et je ne supporte pas l’injustice dans le sport ! Au golf, j’ai retrouvé des valeurs que j’ai connues dans le rugby, à commencer par le 19e trou qui peut avoir des allures de troisième mi-temps…» à Saint-Thomas, Richard est gâté sur ce terrain que Patrice Lambert a su optimiser en exploitant au mieux les vallonnements comme les vents dominants, tout en jouant avec la lumière qui dessine chaque soir des ombres différentes sur les fairways. Le tracé n’est pas long, même du fond, mais il sait se défendre pour peu que la tramontane s’invite dans la partie. Il n’est qu’à voir les scores lors des cartes de l’Alps Tour disputées ici et au Cap d’Agde en novembre 2007 pour comprendre qu’un instant d’inattention se paie cash. La tentation pousse à prendre des risques. Sur ce tracé, elle peut payer si elle est maîtrisée mais elle peut aussi faire très mal. Les petits doglegs du 2 comme du 5, ou encore du 10 et du 14, peuvent être joués au cordeau pour en raccourcir l’approche mais un drive accrochant une branche pourrait vite vous faire regretter cette initiative… Idem sur les troisièmes coups du 9 et du 18, là où l’approche peut être flatteuse face à la foule admirative ! Et que dire de l’Amen corner biterrois, les trous 15, 16 et 17. Un morceau de bravoure pour peu que le vent souffle latéralement. On a vu plus d’une carte périr noyée dans ces eaux bordant fairways et greens. Entre les canards, de plus en plus nombreux, et les cygnes majestueux qui paradent sur ces pièces d’eau, les birdies se font discrets sur le gazon… Terrain de choix pour les lapins, lièvres et même quelques daims, la garrigue qui borde le parcours en est le meilleur rempart écologique. Aux hommes de garder raison en étendant leur mainmise sur ces terres arides idéales pour voir naître l’extension à condition de les respecter. Si les domaines viticoles sont présents au départ des trous, ils le sont aussi au club-house comme à portée de drive sur les coteaux encépagés de la plaine héraultaise. Béziers, ville de tradition viticole depuis plus de trois mille ans, honore ses vins à Saint-Thomas chaque année en début de printemps lors du pro-am des Grands Vins du Grand Béziers. Cette année, rendez-vous est pris le samedi 29 mars. Une bonne aubaine pour venir découvrir Béziers Saint-Thomas. Ce jour-là, un peu comme en août durant la feria, il faut le voir pour le croire…
La zone constructible derrière le green
du 10 demeure extensible.